De nouveau, les tensions rejaillirent en 1325; le viguier de Mormoiron intervint même pour condamner les coseigneurs113. Quant aux syndics des prud’hommes, ils exposèrent que quatre d’entre eux avaient cédé au comte la moitié de leur moitié, ce qu’ils ne pouvaient faire juridiquement. Arrêts de son parlement tenu à Toulouse et textes annexes, 1249-1271, éd. 1 – La région du Comtat Venaissin au milieu du xive siècle. L’acte mentionne quatorze coseigneurs, issus de neufs familles différentes, mais il est aussi fait allusion à des coseigneurs absents et deux effectivement prêtèrent hommage ensuite38. On peut ainsi faire l’hypothèse que le consulat du ban, en se maintenant, servit de socle aux institutions communales. Pour les familles de barons en effet, le droit d’aînesse était la meilleure façon de garantir l’indivisibilité du fief. 469, 470, 471). Et la plupart du temps, les sources restent vagues sur la part du pouvoir seigneurial détenu par les coseigneurs. 202 ASV, Coll. Quand Raymond VII en acheta un vingt-quatrième, en janvier 1248, il dut débourser 10000 sous raymondins40. Mais quelques parties s’en étaient détachées. L’administration pontificale offre de nouvelles ressources : registres d’hommages, documents comptables et fiscaux du trésorier du Comtat, puis également des États du Comtat. 17 Par exemple, Aymar de Pierrelatte, Pierre de Sérignan et Pons de Beaumont faisaient hommage à Decan d’Uzès, vassal du comte de Valentinois. 179v (23 juillet 1399 : payement des lods et trézain au trésorier du Comtat). 124 ADV, 3 E 22/10, fol. 2Cette énumération des principales seigneuries unitaires du Comtat Venaissin était nécessaire pour servir de contrepoint à notre sujet d’étude. Le limousin Guy de Pesteil, apparenté à Clément VI et Grégoire XI, s’imposa ainsi en quelques années comme un puissant vassal, sans acheter pourtant de seigneurie plénière196. Carpentras, ms. 562, fol. Terminons par le cas des seigneuries monastiques comme Sarrians ou Piolenc. Carpentras, ms. 562, fol. À Monteux en 1253, les sept huitièmes de la juridiction sur la bourgade étaient tenus par Barral de Baux et le huitième restant par les frères Rostan et Geoffroy de Venasque qui faisaient hommage à l’évêque de Carpentras. 31.) Il ne put que racheter, entre 1230 et 1238, des droits et des biens divers à ses frères puînés Geoffroy et Amiel173. cit., non paginé [p. 4-5]. Les achats concernant Ménerbes en 1340 sont d’une autre nature car la papauté y avait peu de droits jusque là. cit., p. 529. La balade à vélo autour du canal de Carpentras est un circuit incontournable pour celui qui souhaite découvrir et comprendre le Comtat Venaissin. 126 B.M. Le partage égalitaire en revanche continua à être fréquent. Certains menaient à leur profit un véritable remembrement seigneurial qui leur permettait d’accroître leur pouvoir. Généralement, on fait d’Hugues Talonis une mauvaise graphie d’Hugues Dalon, soit Hugues d’Allan. Quoique réduit, ce terrain d’étude permet de mettre en évidence l’ampleur du phénomène de fractionnement seigneurial, qui connaît son apogée aux xiie et xiiie siècles. Bernardi, D. Boisseuil, Les statuts de 1380 de Méthamis (Vaucluse), dans Histoire et sociétés rurales, 26, 2006, p. 95-127, ici p. 127. Le phénomène inverse d’inurbamento se rencontre tout autant. 8r, 99v). 8v, 99v. 20 On y compte dix-sept coseigneuries environ sur vingt-six fiefs. 171 Cf. La justice était souvent exercée par le biais d’un juriste professionnel qui tenait des assises dans le village. Son père était décédé en 1405 selon un acte faisant intervenir sa veuve, Douce [Castelan] (B.M. 85v-87v (28 avril et 7 mai 1391). Ce système fut durable. L’espace du castrum, le terroir et les propriétés furent partagés en deux : une part fut attribuée aux frères Guillaume et Raymond de Chamaret et à leurs neveux, l’autre échut à Guillaume Armand de Mirmande et Raymond Loup. Voir aussi des actes similaires : Ibid., p. 293, no 296 (24 octobre 1261), p. 138, no 395 (21 août 1276). Le blasonnement des armoiries du Comtat Venaissin est : de gueules, à deux clés d'or, passées en sautoir et liées d'azur. En 1488, Pierre Virron s’entendait avec Honorat Astoaud pour construire une muraille interne de dix mètres de haut, remplaçant l’ancienne (qui devait remonter à 1335) et séparant le château des Astoaud de la tour des Virron186... 62À défaut d’une augmentation du nombre de fiefs divisés, le «marché» des parts de coseigneurie était surtout alimenté par quelques coseigneuries particulièrement morcelées (Caderousse, Vedène, Saint-Saturnin-lès-Avignon, Lagnes, Ménerbes, Venasque, Valréas...). D’un autre côté, chaque coseigneur recevait les cens, lods et trézains provenant de ses terres, sans chercher à faire d’acquisitions foncières149. Un exemple des tensions qui en découlaient est donné par une affaire concernant une branche de la puissante famille Sabran. Des places sont à prendre à des prix équilibrés au milieu des paysages grandioses et méconnus tels que les Dentelles de Montmirail, les Gorges de la Nesque, les Monts du Vaucluse …, Le Comtat Venaissin : une perle en Provence, « Coldwell Banker s’étend en Europe »Laurent Demeure, président et CEO de Coldwell Banker France, Résidences secondaires : nos coups de cœur à la montagne, Terres viticoles : dans les coulisses du foncier vitivinicole avec Blue Side, Palmarès 2020 des villes où installer sa résidence secondaire, L’immobilier de luxe toujours au beau fixe, Prestige: un marché de rupture ? Selon le premier, une veuve et son fils et deux autres nobles vendirent au sénéchal le dix-huitième de la seigneurie pour 5555 sous raymondins. En représailles, les coseigneurs multipliaient les prélèvements et «exactions». 81 Ibid., p. 20-22, 37-39. 47 [...] scilicet unam cinquenam integram dominationis de Venasca brevi Turri Veteri ( ?) Selon le second, huit coseigneurs cédèrent les trois-quarts d’un autre dix-huitième, pour 4167 sous. Les deux podestats connus sont Rostan de Venasque, en 1240, coseigneur de Venasque et de Monteux et Humbert d’Aurons, en 1242, consul d’Avignon en 1211-1212, seigneur de Robion puis également coseigneur de Cavaillon. 5r (1390), 6r (1393), 8r, 8v, 9r, 10r, 60v, 62v (1395). 4r (1421), 4v (1421), 5r (1426), 6r (1430), 8r (1430). Avignon, ms. 4041, fol. 61 Le bayle disposait d’auxiliaires comme crieurs, notaires et clavaires. Certains consulats reflétaient avant tout le pouvoir d’un groupe seigneurial qui constituait un corps politique autonome. L’exemple des familles d’Agoult-Simiane, de Baux et de Marseille, Paris, 2002, p. 229-233, et Saignon, diagnostic, étude de site, Apt, s.d. 177 ADV, B 6, fol. 29 Cf. Au lieu d’ouvrir le consulat aux prud’hommes, les coseigneurs préférèrent faire corps avec les nobles non feudataires et continuer à se démarquer des «populaires» dont le pouvoir était grandissant. Le consulat permettait à tous de défendre leurs intérêts de coseigneurs, d’exercer la justice, pénale ou gracieuse, de prélever les bans, de contrôler le péage, les moulins, les fours. Les coseigneurs résidaient dans un quartier fortifié (claustrum), au centre du village, encore bien visible aujourd’hui avec sa porte monumentale. 179 ADV, B 6, fol. 118 Le conseil devait se réunir dans la maison d’Elzéar de Venasque (ADV, Archives municipales [AM] de Venasque, BB 15, fol. La plupart avaient vendu leurs droits au comte de Toulouse. On a pu décrire les chevaliers d’Avignon enrichis par les revenus du port et les taxes sur les marchés, «comme un vaste groupe d’actionnaires, le métier des armes en plus, qui touche les coupons d’une affaire déjà fort ancienne, mais qui a beaucoup prospéré36». Dicit Bertrandus de Auriolo pro se et Guillelmo de Auriolo, Hugone Guigonis, Petro Alfanto, Rembaudo Alfanto, Bertrando Ydier, Ynardo Carbonario, dona Doucelina, do-na Amelina, Bertrando de Crota, Petro Masant, tutore Guigone filie Raimundi Guigonis, Bertrando Alfanti, curatore Raimundeti de Rocha, procuratorio nomine, quod ipsi donaverunt domino comiti qui nunc est quartam partem medietatis banni de Rocha, que ad ipsos jure dominii vel quasi pertinebat. En 1209, le groupe de coseigneurs était dominé par les différentes branches de la famille de Noves, représentant dix des douze vassaux de l’évêque23. 2 et 3 Décrivez … 87 En 1221, les cinq consuls étaient Geoffroy de Saint-Paul, Raymond de Venasque, Raymond de Mornas, Pierre de Saint-Nazaire et Guillaume de L’Isle. À Valréas, siège de judicature, des coseigneurs mineurs furent tolérés et purent se maintenir166. 199 Cf. On remarque par ailleurs que les officiers comtaux n’étaient pas les seuls à mettre en danger le pouvoir de la communauté sur le ban; certains particuliers devançaient leurs souhaits en cédant leur droit. La réussite des Ancézune à Caderousse est d’autant plus exceptionnelle dans la mesure où cette famille a pu concilier ramification et solidarité entre branches pendant plusieurs siècles jusqu’à pouvoir exercer une mainmise sur la coseigneurie. cit., p. 524 n. 131, p. 631, 637, 638). Elle se développe dans des contextes variés, aux abords d’une métropole comme Avignon, tout comme dans les campagnes, avec une prédilection pour certains espaces. Mais il ne s’agit que d’une influence ponctuelle (puisque le système ancien est attesté de nouveau dès 1230) et superficielle67. Une charte de donation en faveur des templiers de Richerenches révèle qu’en 1136, l’évêque Pons de Grillon avait à ses côtés trois familles de coseigneurs : Bertrand Viader et ses frères, Guillaume de Saint-Paul et son frère Pierre Artaud, Péregrine et son fils Pierre de Donzère13. IV. Le sort précis des deux autres tiers reste à établir. C’est seulement par un acte d’août 1200, une vente en faveur du monastère de Sénanque, que l’on apprend son existence. cit., p. 14-16. Une trajectoire éloquente pour un auxiliaire du monde seigneurial. Son successeur, Alphonse de Poitiers, parvint à contrôler environ le cinquième des habitants : en 1269, cinquante-quatre feux se trouvaient sous sa seigneurie directe tandis que les coseigneurs en contrôlaient deux cent deux41. Article principal : Comtat Venaissin. L’hommage de 1236 des coseigneurs au comte de Toulouse clôt cette phase consulaire89, la même année donc que prit fin le consulat de L’Isle. ADV, 3 E 26/94, fol. DU COMTAT VENAISSIN 1 L'onomastique juive du Comtat comprend deux périodes bien définies: - avant le XVI~ siècle, avec la double appellation, J'une juive l'autre fran­ çaise. De nombreuses grottes (les Balmes) creusées sous le village et dans la colline ont donné leur nom à la cité : Beaumes de Venisse (du Comtat Venaissin) devenu … Finalement, les arbitres adjugèrent le château à Bérenger de Boulbon, et reconnurent le fournage à l’autre camp, qui bénéficia également d’une exemption de la juridiction de Bérenger58. Même si le pape conservait encore quelques droits à Maubec, Guy de Pesteil en fut généralement considéré comme le seul seigneur car il avait investi dans le village. En 1352, au moment des statuts accordés à la population, quatre coseigneurs étaient en place : Bertrand de Caderousse, le plus puissant, qui possédait une forteresse, Raymondet de Baux (de la branche des seigneurs de Suze), enfin Pierre d’Espinouse (de Mornas) et Bertrand de Sabran, qui avaient tous deux fait hommage au Dauphin en 1330158. Doc. Or ce choix revenait aux consuls d’Avignon qui alourdirent leur emprise sur Sorgues98. Carpentras, ms. 557, fol. 4°/ Doc. 74 V. Laval, H. Chobaut, Le consulat seigneurial, p. 6-7. Avignon, ms 4047, fol. Carpentras, ms. 562, fol. L’achat d’un soixantième de toute la seigneurie de Venasque auprès des frères Ripert, Hugues et Lantelme de Bédoin fait figure de transaction importante selon les critères locaux! En 1248 par exemple, la vingt-quatrième partir du fief détenu par une fille d’Hugues de Valréas et une autre portion équivalente, détenue par les Templiers, furent cédées par le comte de Toulouse à Dragonet de Montauban. 107 B.M. 41 Cf. Carpentras, ms. 562, fol. Mais elles devaient faire face aux usurpations du sénéchal du Venaissin comme l’indique une pétition de 1266104. ADV, 3 E 26/2605, fol. cit., p. 35. En 1405 il avait acheté à Bedossa Bedos, veuve de noble Brocard de Lagnes, coseigneur du lieu, une part de coseigneurie complète : des droits de justice pour 60 florins et, pour 340 florins, un «château ou maison» dans le castrum, avec deux cours, des constructions annexes, un ferrage et quinze saumées de terres205. 53Plus ordinaires étaient les achats directs auprès des feudataires comtadins. 72 Ainsi dans un acte de septembre 1210 : nos consules et domini de Insula, juramus [...] nomine nostro et consulatus nostri [...], et plus loin nos consules pro posse nostro debemus eos [homines Insule] compellere ad jurandum, et ceteri domini de Insula debent nos adjuvare ad compulsionem hujusmodi faciendam (Ibid., p. 6 n. 5). On ne compte plus les actes de contestation, de revendication, de … En 1223, existait aussi un consulat à Caderousse selon un acte scellé par une bulle avec la même figuration sur les deux faces : une aigle contournée avec la légende s. d(omi)nor (um). 110 Cf. Dans l’hommage de 1231 les de Noves étaient moins prépondérants, puisqu’il étaient neuf (ou onze) sur seize coseigneurs24. et consulum. Carpentras, ms. 562, fol. 158 Ibid, p. 84-88. Les deux familles les plus représentées étaient les de Caderousse et les d’Ancézune. 99 Voici la déclaration des trois témoins interrogés le 17 novembre 1253 par l’enquête d’Alphonse de Poitiers : [...] ta-men dicunt quod ad huc non sunt duo menses quod consules Pontis Sorgie habebant et longe tempore tenuerant totam juridictionem ville Pontis Sorgie ; dicunt etiam quod dominus Johannes de Artisio senescallus abstulit militibus et probii hominibus Pontis Sorgie consulatum (B.M. La lecture est incertaine pour le nom du bref. En 1212, les frères Géraud et Pierre Amic purent même récupérer la tour de Védène et la tenir au nom du consulat d’Avignon, selon des conditions contraignantes, alors que Geoffroy Raynoard, puis son fils Raymond, la gardaient depuis longtemps de façon plus ou moins légitime30. I. Provence, Comtat Venaissin, Dauphiné, États de la maison de Savoie, Paris, 1968-1974, 3 vol.Â. La soumission d’Avignon à Charles d’Anjou remontait pour sa part au 10 mai 1251. 203 ADV, 3 E 38/31, fol. The territory of Comtat Venaissin included nearly 30 towns, villages and hamlets in the middle of the 14th century. Ainsi lors d’une vente de 1226 à l’évêque de Carpentras, les parts de cinquena vendues correspondent à un pouvoir in banno, in consulatu, in cartis, in pascuis, in garriga comuni, in montaneis, in feudatariis, in hominibus (B.M. En 1253, Giraud Corni détenait un bref représentant la moitié du merum et mixtum imperium; les frères Giraud et Rican de Pernes avaient un autre bref équivalent139. Chevalier, Regeste dauphinois, II, Valence, 1913, n° 8466, col. 457-458 ; III, Valence, 1914, n° 16526, col. 790. 14v-15v, 20v-21r, 25v-26r, 35r-36r, 47v-48v (1363), fol. Le comte de Forcalquier Guillaume de Sabran confirma le consulatus dominorum en échange de l’hommage des onze coseigneurs, dont certains étaient sans doute apparentés à des coseigneurs de l’Isle92. 2. Carpentras, ms. 557, fol. cit., p. 25). Chevalier, Regeste dauphinois, II, n° 8971, col. 540 et n° 9003, col. 545 ; B.M. Les frères Guillaume Rican et Geoffroy de Turre Veteri cédèrent pour le prix de 60 livres d’une part, le quarantième de la cinquena autrefois possédée par [feu] Guillaume Rican, et d’autre part, une tour : «la tour méjane qui se trouve dans le château dit tour de Guillaume Rican», avec des jardins attenants dont un protégé par une barbacane51. On peut estimer qu’il était constitué d’environ cent treize seigneuries, en prenant en compte les moindres hameaux (fig. Seuls deux consuls sont mentionnés en 1247, à l’occasion d’un procès avec Le Beaucet : Pierre de Montseren et Rican de Saint-Nazaire (H. Dubled, Le Beaucet près Saint-Didier au haut Moyen Âge (xiie-début xive siècle), dans Rencontres, association carpentrassienne de diffusion culturelle, 60, janvier-février 1966, non paginé [p. 3]). D'après Solange Montagné-Villette, La France, les 26 régions, Armand Colin, 2010. 172 Les chartes épiscopales concernant Venasque sont ainsi fournies jusqu’en 1345, puis on ne trouve que deux actes isolés, datant de 1428 et 1489 (B.M. cit., p. 83, 85), les papes conservèrent au final deux tiers de Rochegude tandis que le tiers appartenant aux Dauphins était situé au nord. 142 Voilà par exemple quatre entrées successives : Giraudus de Paternis de hoc quod habet in castro de Albaiano [Aubignan] ; Isnardus de Laneis de hoc quod habet in castro de Laneis [Lagnes] ; Audebertus de Laneis de hoc quod habet in castro de Laneis. 57 B.M. Aidez-vous de la carte p. 290. 201 ADV, 3 E 38/42 (1385) ; 2 E 7/1 (1404) ; 3 E 38/43 (1405-1407). 116 B.M. 3r). H. Dubled, Histoire du Comtat Venaissin, Carpentras, 1981. et L. Loubet, Carpentras et le Comtat Venaissin, coll. On peut citer par exemple l’achat du douzième de la cinquena de Guillaume Rican pour 14 livres (en 1272), ou encore de la trente-deuxième part de la cinquena Sancto Paulo, acquise pour 18 livres en 128856. Le parcours du notaire Raymond Voute illustre ces évolutions. 434 (cahier, fol. 80r-86v (1er octobre 1272). 40 Layettes du trésor des chartes, éd. Les rythmes d’évolution diffèrent aussi beaucoup selon les localités. Il tenait son fief en indivision avec Dauphine, sa sœur (ADV, B 9, fol. Pour d’autres fiefs, le morcellement était particulièrement avancé comme pour Vinsobres qui comptait dix-huit coseigneurs vers 128119. Parmi les seigneuries familiales de moindre importance, on peut citer par exemple celle des Vassadel à Vacqueyras et des de Mormoiron à Modène. Carpentras, ms. 557, fol. L’exemple de Venasque est un «cas limite» avec une soixantaine de coseigneurs et une grande virtuosité dans la division du dominium. Une éminée représentait environ 775 m2. Dans un sens, unifier une coseigneurie fractionnée était une entreprise de longue haleine, plus difficile qu’acheter une seigneurie. 169 On reconnaîtra dans ce personnage un descendant très probable du juge Elzéar ou de son frère, mentionnés comme co seigneurs de Noves à la fin du xiie siècle (cf. Les Juifs Du Pape - Avignon Et Le Comtat Venaissin pas cher : retrouvez tous les produits disponibles à l'achat sur notre site. En revanche, certains consulats ruraux purent se maintenir pendant quelques décennies, et parfois plus longtemps encore. 38 Confitemur et in veritate recognoscimus vobis Ermitano, nomine vestro et nomine uxoris vestre Aude, et vobis Willelmo Raimundo de Avinione, et Bertrando de Jocone, et vobis Raymbaudo de Anceuna, et Willelmo de Anceuna, et Raimundo fratribus, et Petro de Cadarossa, et Willelmo de Cadarossa, et vobis Bertrando de Cadarossa et Poncio Jarente fratribus, et Bertrando de Sancto Pastore, et Guarino de Lers, et Beatrici de Bello-Monte, et Raymbaudo de Mamolena, dominis Cadarosse [...] (Layettes du trésor des chartes, II, n° 2455, p. 319-321). 42À Venasque et Caderousse, les choses évoluèrent différemment. 150 En 1363, les coseigneurs des Taillades étaient Rostan de Sa-bran (par ailleurs seigneur de Robion), Porcelette de Sabran et Amiel Vassadel (ADV, B 6, fol. Il s’agit d’un phénomène méconnu, qui concerne spécifiquement le diocèse de Carpentras qui devait subir en particulier l’influence du consulat de Venasque. Voir la présentation de V. Theis, Le gouvernement pontifical du Comtat Venaissin (v.1270 – v. 1350), thèse inédite, Université Lumière -Lyon II, 2005, chapitre I, sous presse dans la Collection de l’École française de Rome. 184) ; cf. Le village entra dans la pleine seigneurie d’Alphonse de Poitiers100. Avignon du début du xiie siècle à 1251, Paris, 2008, p. 55, 630-631). 50 B.M. Puis ils vendirent les parts qu’ils avaient sur la «Tour vieille», située près de la tour de Rican de Turre Veteri, le bien nommé49. Finalement, en 1328, une sentence arbitrale fixa désormais à quatre le nombre des consuls, pour moitié issus des prud’hommes114. 3°/ Docs. Dans le cas des nobles étrangers s’implantant en Comtat, les choses apparaissent avec plus de clarté. 86 B.M. 86v-92r (17 avril 1273). En 1272, Méthamis était aux mains d’une demi-douzaine de coseigneurs issus de trois familles (les d’Esparron, de Venasque et de Villeneuve), qui dominaient une population d’environ soixante-dix chefs de feu chevaliers et prud’hommes. La tour des Vassadel est encore conservée151. -Crillon devient duché, le 27 septembre 1725, pour Louis de Berton des Balbes ; les Berton de Balbes sont faits ducs-pairs en 1817, sous la Restauration. En 1265, on retrouve trace des deux fils de ce dernier personnage50. Il continua à acquérir des terres188. 423 (11 août 1272), 453 (23 août 1288). En revanche, la coseigneurie semble bien être la situation dominante dans cette région. Cette victoire juridique semble avoir été décisive car au xive siècle, Mormoiron disposait de consuls, et non de syndics, pour représenter les intérêts de la communauté110, ce qui est exceptionnel. Les coseigneurs qui témoignaient en leur nom et pour leurs pariers étaient Isnard et Bertrand de Lagnes, Pierre de Caseneuve et ses frères et Guillaume de Codolet. cit., chapitre VII, A, 2). ... organisation de bienfaisance régie par le paragraphe 501(c)(3) du code fiscal des États-Unis. En 1211, l’achat par l’évêque élu Geoffroy d’un domaine à Freyssinet, pour 12250 sous viennois, fut dénoncé par les sept coseigneurs (dominos) de Pierrelatte, en l’occurrence Jordan et Guillaume de Pierrelatte, Pierre de Sérignan, Pons de Saint-Just, Guillaume de Saint-Pasteur, Guillaume Vetulus et Raymond de Bocoiran. La division en cinquene n’était donc pas qu’un partage virtuel : elle recoupait la division du village en quartiers fortifiés où logeaient les familles de coseigneurs. Elle facilitait l’intégration de nouveaux venus dans le milieu seigneurial. 55v, 19 janvier 1405). Doc. L’emprise d’Avignon s’exerçait également sur Sorgues. En 1266, ce fait fut rappelé par la pétition des syndics de la communauté : elle précise que cela faisait plus de trente ans qu’ils élisaient chaque année quatre consuls pour prélever les revenus du ban. After the middle of the 13th century, those that remained developed into ‘consultats du ban’ characteristic of the diocese of Carpentras, whereas, on account of the regrouping of territories, the seigneuries became more and more restricted. 24 [...] nos Raimundus de Orgone, Petrus de Novis, Isnardus de Novis, Berengarius de Novis, Rostagnus de Novis, Bertrandus de Ca-bannis, Raimundus Jusberni, B[ertrandus] Elisiardus, Audebertus de Novis, Alfantus de Novis, Raimundus de Avinione, Dalmatius de Novis, Ugo de Novis, Cabannas et Is[nardus] nepos ejus, , omnes pariter [...] ». I. Les sceaux des villes, n° 405A, p. 315-316. Noves, Agel et Verquières des origines à 1481, Uzès, 1942 [rééd., Uzès, 1981], p. 77 n. 1). Situation identique à Puyméras où le pouvoir était partagé entre une branche de la famille des Baux et les du Puy; chacun des coseigneurs disposait d’une forteresse152. En compensation, selon une sentence arbitrale du 24 juin 1364, Pierre Amic fut émancipé par son père et reçut le sixième de ses biens, devenant ainsi coseigneur de Caumont179. Les coseigneurs pouvaient même avoir des intérêts différents de celui des chevaliers dont ils étaient pourtant très proches socialement. Demeures Du Grand Sud est spécialisée dans la transaction de châteaux, belles demeures et mas provençaux. 136 Le texte est repris dans l’enquête de 1253 (B.M. (B.M. 159 Il est difficile de suivre ce transfert partiel de suzeraineté. À la fin du xiiie siècle, trois coseigneurs se partageaient Villes-sur-Auzon. J. de Font-Réaulx, Valence, 1950, n° 34, 35, 36, p. 26-27, n° 71, 72, p. 49-53. et du Comtat au 18e siècle Les juifs d’Avignon et du comtat Venaissin, écartés de la sphère d’influence séfarade* par leur isolement, ont déve-loppé des particularismes : une organisation communautaire très structurée, une forte endogamie, un dialecte, le shuadit. Le contexte militaire troublé et la pression fiscale encouragèrent les deux composantes sociales du village à collaborer. 107v-108v (1368) ; B 9, fol. Ceux de 1239 s’appelaient Rostan de Venasque, Raymond de Podio Rotundo et Raymond de Montseren (B.M. cit., p. 285. 55 B.M. cit., p. 8. La bulle de plomb du consulat affirmait ce lien. cit., p. 524. Là aussi, le sénéchal en avait profité pour les spolier de la totalité de leur droit. Feuilleter un extrait. Tantôt les coseigneurs formaient une cour commune, tantôt ils disposaient de leur propre bayle, contrôlant les hommes et les terres qui dépendaient d’eux. Châteaurenard L' Tarascon Montpellier Espaces bâtis O Marchés d'intérêt national Autoroutes Voies ferrées 2. Certes, il y a des cas où la disparition de la coseigneurie est brutale, comme à l’Isle-sur-la-Sorgue ou Noves par exemple, mais ils sont minoritaires. On désigne aussi ce manuscrit comme le « terrier » ou le « polyptyque du Venaissin », ce qui est réducteur. 404). (Parc naturel régional du Lubéron). En première hypothèse, cela semble surtout vrai pour les nobles de moindre rang, comme on le constate dans les coseigneuries fractionnées de Venasque, Lagnes et Ménerbes en particulier. 133 Archives nationales, M 565, dossier 3 ; F. Mazel, La noblesse et l’Église...IV. 155 É. Châteauneuf-du-Pape et Bédarrides ne faisaient donc pas partie du Comtat Venaissin, tout comme Noves échappait, en théorie, au pouvoir des comtes de Provence2. Les consuls du Beaucet sont mentionnés encore en 1273, mais l’institution disparaît ensuite de la documentation : on a mention de procureurs, puis, en 1298, d’une communauté des chevaliers et prud’hommes102. Par ailleurs, Draconet de Montauban était vassal du comte de Toulouse pour le quart de Pierrelatte (A. Lacroix, L’arrondissement de Montélimar, VII, 20-21 ; U. Dans le patrimoine féodal des évêques, en s’en tenant toujours qu’aux seuls fiefs non divisés, il n’y avait que des villages modestes : Rasteau et Crestet, possédés par les évêques de Vaison; Vaucluse, fief de ceux de Cavaillon; Le Beaucet, Malemort et Saint-Didier contrôlés par les évêques de Carpentras. 151r-157v ; 223r-235r (mars-avril 1325). 125 B.M. Les deux se nourrissent l’un l’autre. Il s’agit d’un exemple supplémentaire de consulat du ban. cit., p. 544. 191r-201v), de 1362 (éditée par L.-H. Labande, L’occupation du Pont-Saint-Esprit par les Grandes Compagnies (1360-1361), dans Revue historique de Provence, 1901, p. 79-95, 146-164, ici p. 157-164) et de 1364 (ADV, C 127). 1 – La région du Comtat Venaissin au milieu du xiv. 17v (1414), 60r (1402) ; BB 16, fol. 31r). Les deux premiers vendirent respectivement le sixième et le tiers de leur part à l’évêque48. Y détenir des parts pouvait suffire pour y exercer un certain contrôle, comme une «minorité de blocage»... 55Par contraste, Jean XXII apparaît plus interventionniste pour les fiefs de l’évêque d’Avignon, placés sous son administration, que pour remanier les fiefs du comtat. En lien avec la mondialisation, ces espaces connaissent des dynamiques variées. La famille existait cependant toujours. 30Sa grande caractéristique est que les consuls, au nombre de trois et quelquefois de six, étaient exclusivement issus des familles de coseigneurs (et non de simples chevaliers). 398, novembre 1226). 20Au début du xive siècle, mise à part la cinquena Guillemi Gaufridi acquise dès 1226 et qui était intégralement à l’évêque, toutes les autres étaient partagées inter dominos et parerios dicti castri de Venasca. Elle était aux mains des Taulignan au xve siècle (3 E 45/1362, 17 janvier 1423). Localement, il s’agissait d’acquisitions non négligeables au vu du fractionnement de la coseigneurie. Les villages tels que l'Isle-sur-la-Sorgue ou Cavaillon débordent de charme et d'authenticité. Enfin Guillaume Elzéar (Elisiardi), chevalier avignonnais mentionné en 1215, est probablement l’un des « enfants d’Elzéar » (Ibid., p. 298). 29r-30r, 112r. 424, 425, 426, 427, 430, 431, 432, 434, 460, 461). Depuis le début du consulat de Sorgues, situé soixante-dix ans auparavant (donc depuis les environs de 1142), les coseigneurs97 en étaient exclus et les consuls se recrutaient uniquement parmi les chevaliers et les prud’hommes. 176 ADV, B 6, fol. Mais d’un autre côté, chacun exerçait une seigneurie lourde sur ses hommes liges, avec droit de haute justice, et pouvait disposer de bayles particuliers157. Le résultat est spectaculaire : son fils Isnard Voute189, au moment de l’enquête de 1414, possédait tout simplement la plus grande propriété connue du Comtat190! 23r-v, 108v. 48L’usage du mot bref demeure toutefois restreint. 53 Cf. 91r-v). Fait significatif, au milieu du xive siècle encore, la coseigneurie était généralisée dans la judicature de Valréas20. 37Cette date de 1251 est considérée, à juste titre, comme un tournant dans l’histoire institutionnelle de la région. cit., p. 226. I. Les sceaux des villes, Paris, 1980, n° 324, p. 261-262. L’évêque et les consuls d’Avignon, choisis comme arbitres, mirent fin à la controverse en permettant aux coseigneurs et à leurs successeurs d’être nommés comme consuls de Sorgues.